Réforme des collèges: ne désarmons pas !

Publié le par le blog d'Anne BEAUCHEF

TRIBUNE

En publiant ce matin le décret et l'arrêté de la future réforme du collège, le Gouvernement claque, ni plus ni moins, la porte au nez des enseignants et de tous ceux opposés au texte mais disposés à débattre.

Quel exemple donné aux 1ers concernés par cette réforme: les collégiens ! La discussion est refusée, le débat contradictoire nié. Circulez, il n'y a rien à voir.

Alors aujourd'hui un message clair: ne baissons pas les bras, ne désarmons pas !

Cette réforme baclée en moins d'un mois ne fixe aucun cap permettant de redresser le niveau de nos élèves. C'est pourtant de celà dont il s'agit ! Bien au contraire, le gouvernement s'attache à y casser ce qui marche. 2 exemples: les classes bilangues et sections européennes et les langues anciennes.

Conservons et généralisons les classes bi-langues en allemand à tous les collèges !

Les classes bilangues sont un formidable moyen de stopper la réduction continue des effectifs de germanistes en France. Lors d'un récent déplacement en Allemagne, dans le cadre du jumelage de la ville de Mamers avec Gerolzhofen en Bavière, le sujet a été abordé.

J'ai entendu beaucoup d'incompréhension de la part des Allemands qui, eux-mêmes, encouragent la pratique du Français au travers de classes bilangues ! L'accord de promotion réciproque de nos langues, existant entre nos 2 Pays, devient donc malheureusement caduc. La vérité c'est que l'on ne peut traiter l'Allemand comme une langue parmi d'autres. L'allemand est la langue de notre premier partenaire commercial et politique. Généralisons plutôt les classes bilangues à l'ensemble des collèges !

Battons nous pour les langues anciennes !

Autre exemple de la casse décidée par le Gouvernement: les langues anciennes. Quel immense gâchis de ne plus en permettre l'enseignement. Aucune initiation ne remplacera l'apprentissage d'une langue.

Quelle erreur magistrale que de supprimer le latin et le grec. Je regrette cette décision ayant moi-même suivi au collège puis au lycée des cours de Grec et de Latin. Je me suis comme d'autres , sous l'impulsion de mes parents, frottée à l'âpreté des déclinaisons, versions, thèmes... Mais j'ai rapidement fait du Gaffiot et du Bailly des compagnons fidèles des traductions, idées politiques, courants philosophiques, des tragédies, mythes et autre Odyssée ! Et j'ai aimé ces langues, le plaisir d'en comprendre la richesse, de résoudre les énigmes que présentait un texte.

Au bac, j'ai d'ailleurs passé le Grec à l'oral et le latin à l'écrit. Nous n'étions que deux candidats mais c'est précisément cette possibilité offerte aux élèves de suivre ces enseignements qui est importante. Laissons le choix et encourageons le !

Au moment où chacun déplore un affaiblissement du niveau en Français, le latin et le grec sont deux formidables clés pour comprendre les racines de notre langue. Plus tard, en Droit, les locutions juridiques latines et l'histoire des idées politiques m'ont été facilitées.

Alors aujourd'hui, je le redis ne désarmons pas. La provocatrice décision du jour est celle du mépris. . Personne ne peut accepter que chaque année plus de 140 000 élèves sortent du système sans diplôme, ni qualification. Une réforme est nécessaire et malheureusement celle proposée par le gouvernement est inadaptée aux enjeux.

L'avenir de l'enseignement et de nos enfants mérite notre mobilisation.

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