14 juillet 2015: François FILLON interpelle le Président Hollande

Publié le par le blog d'Anne BEAUCHEF

14 juillet 2015: François FILLON interpelle le Président Hollande

Hier, le Journal du Dimanche, publiait en exclusivité la Lettre ouverte adressée au Président de la République par François FILLON. Forte, lucide, elle est celle d'un homme d'Etat qui a le courage de dire la vérité aux Français et avance ses propositions. Je vous en communique ici l'intégralité et vous invite à la partager largement.

Lettre ouverte de François FILLON à François HOLLANDE

"Monsieur le Président,

Bientôt le 14 juillet. Que célèbrerez-vous après trois ans à l’Elysée ? La France que vous promettiez de ré-enchanter va mal. La colère gronde. Entendez-là ! 6 millions de Français sont au chômage total ou partiel ; 2 millions de jeunes ne sont ni à l’école, ni en formation, ni dans l’emploi. J’ai rencontré des agriculteurs et des artisans qui ne peuvent plus se verser un euro de salaire. Dans les bastions ouvriers à qui fut tout promis, la parole publique est discréditée. Sous votre mandat, l’extrême droite fleurit au milieu de vos roses abattues.

« C’est la crise », dites-vous. Non, ailleurs, des Etats européens s’en sortent beaucoup mieux que nous. Leurs gouvernements modernisent leurs marchés de l’emploi, tranchent dans les dépenses inefficaces, disent la vérité à leurs opinions et obtiennent des résultats. Chez nous, l’urgence n’est pas déclarée, alors que le chômage et la dette atteignent des pics historiques.

La tragédie grecque montre que la menace de la faillite n’est pas abstraite. Une solution aurait peut-être été possible plus tôt si vous n’aviez pas joué un trouble jeu : rigoureux en compagnie d’Angela Merkel, complaisant en coulisse avec Alexis Tsipras. Votre activisme pour sauver Athènes éclipse temporairement nos propres échecs économiques, sociaux et financiers. Croissance médiocre, chômage massif, déficits persistants, réformes à minima, impôts aux maxima : nous sommes l’un des maillons faibles de l’Union européenne alors que nous devrions être un de ses leaders.

«Tout a été fait», dites-vous implicitement. Le CICE et la petite loi Macron vous apparaissent comme le zénith du possible. Il vous reste deux ans et aucune grande réforme à l’horizon. Le navire est en cale sèche et vous attendez la mer. A l’Elysée, on prie pour que la baisse de l’euro et du prix du pétrole veuillent bien nous porter ; on espère tout de la politique monétaire de Mario Draghi. Plus la BCE fait tourner la « planche à billets », plus vous semblez soulager de ne rien faire. Mais gare à nous, c’est à quitte ou double : que les taux d’intérêts se redressent et c’est la rechute pour la France. Nous sommes plus dépendants que jamais des marchés extérieurs : cruelle réalité pour vous, monsieur le Président, qui rêviez de mettre la finance au pas ! Notre souveraineté a un prix : celui du courage et de la cohérence. Ces deux vertus manquent à votre présidence.

La France se paupérise et recherche sa fierté perdue. La crise identitaire ne sera pas résolue par des discours mémoriels mais par des actes qui donneront aux Français l’assurance que leur Nation et ses valeurs sont protégées. Les cortèges du mois de janvier n’étaient pas seulement la réplique d’un peuple épris de liberté face aux terroristes, ils étaient aussi l’expression d’une demande de France.

Etes-vous à jour de cet appel populaire et tricolore ? Dans nos cités, des quartiers divorcent de la République sous la pression des trafiquants et des intégristes. Dans nos Ecoles, des élèves ignorent les minutes de silence ; le récit national est enseigné à voix basse… Il faudrait riposter face à ce sentiment de déracinement qui angoisse les Français. Mais votre parole est inaudible et l’action de votre gouvernement à contresens des attentes du pays : la réforme du collège nivelle l’esprit du mérite là où il faudrait, au contraire, avoir l’ardeur des hussards du savoir et du civisme ; la sécurité des citoyens est court-circuitée par les hésitations de la justice ; notre système d’intégration tourne à vide, faute d’autorité.

Il est insupportable de voir la France glisser hors de l'histoire et perdre la maîtrise de son destin alors qu'elle dispose de tous les atouts pour jouer un rôle majeur au XXIème siècle.

En ce 14 juillet 2015, je ne sais s’il est encore de temps de réagir. Votre crédit est au plus bas dans l’opinion, vos frondeurs vous guettent au tournant, et pourtant agir est votre devoir !

Oubliez les échéances présidentielles qui semblent guider vos moindres gestes. Pour la croissance et l’emploi, tout n’a pas été tenté. Déverrouillez la France de ses 35 heures, refondez le code du travail, modernisez l’Etat, revalorisez la voie de l’apprentissage en concentrant les moyens aujourd’hui dispersés dans les emplois aidés… Pour la République unie, engagez une politique d’immigration par quotas et faites de l’assimilation des étrangers une exigence pour vivre ensemble. Sur l’Europe, sortez par le haut de la crise grecque en poussant à une nouvelle organisation de la zone euro et en renforçant le tandem franco-allemand à travers une stratégie de convergence économique et fiscale entre nos deux nations. Au Moyen Orient, revoyez notre diplomatie et créez les conditions d’une véritable alliance internationale, intégrant l’Iran et la Russie, contre l’Etat islamique…

Pour tout dire, utilisez cette fin de quinquennat pour faire, si possible, une autre politique. Oui, une vraie politique qui libère les Français, qui par son audace étonnerait l’Europe et interpellerait tous ceux qui, par le monde, se demandent ce que nous devenons.

Monsieur le Président, la colère gronde... déverrouillez la France !"

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