Un rosier à la mémoire des femmes assassinées dans les camps

Publié le par le blog d'Anne BEAUCHEF

photo.JPGCe matin j'ai participé à une très émouvante cérémonie d'hommage aux femmes sarthoises résistantes assassinées à Ravensbruck. Un parterre de rosiers Résurrection a été planté en leur mémoire en présence de deux déportées: mesdames Dupont et Niox. Ravensbruck, comme Buchenwald, Mauthausen ou Auschwitz est devenu comme l'a rappelé mon collègue Yves Voisin, le symbole de destruction par la déshumanisation et la mort lente.

 

J'ai été très émue par le récit qui a été fait du quotidien de ces femmes. Le lire, le savoir est une chose, l'entendre en présence de deux rescapées qui l'ont vécu en est une autre... Les sirènes qui hurlent dès 3h30, les travaux exténuants, la faim, la violence. La principale cause de décès est cette sous alimentation qui mène à l'épuisement total des femmes exposées au froid et aux intempéries.

 

Dans cette période, des centaines de femmes arrivées enceintes, décèdent pendant leur accouchement ou ont assisté à la mort de leur enfant par noyade ou privation de soins... 850 naissances sont recensées entre 1944 et 1945 à Ravensbruck. A l'extermination lente et voulue succède l'extermination systématique et organisée: chambre à gaz,empoisonnement, punitions mortelles, expérimentations pseudo-médicales....

 

C'est au milieu de cet enfer que les femmes font un rêve: si elles s'en sortent elles créeront, à la mémoire de celles qui ne reviendront pas une rose. En 1975, année du 30ème anniversaire de la libération des camps, cette rose va semer la paix partout en France au pied des monuments (au Mans, place Aristide-Briand).

 

Progressivement, la rose disparaît, la production s'arrête. Un projet pédagogique naît alors en faveur de la renaissance de la rose Résurrection. Une roseraie lyonnaise reprend la production en 2009. En 2011, la ville du Mans sous l'impulsion de l'AERIS acquiert des rosiers. Ce matin, la plantation des rosiers s'est achevée par le bouleversant chant des marais et les larmes de beaucoup d'entre nous. En parler sans relâche pour ne jamais oublier.

 

 

Nb: Un grand merci à Yves Voisin qui m'a gentiment transmis le texte qu'il a lu ce matin et dont j'ai, ici, repris de larges extraits.

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